
Découvrir Karpathos
Karpathos est la deuxième plus grande île du Dodécanèse.
Elle réunit des criques aux eaux turquoise, des villages de montagne et un nord resté fidèle à ses traditions.
Karpathos (Κάρπαθος) s’étire sur près de cinquante kilomètres entre la Crète et Rhodes, à l’extrémité sud du Dodécanèse. Homère la cite déjà dans l’Iliade sous le nom de Krapathos. Le sud vit autour de Pigadia, la capitale et le port principal, alors que le nord, longtemps isolé, a gardé son dialecte, ses costumes et ses fêtes. Occupée par l’Italie de 1912 à 1943, l’île n’a été rattachée à la Grèce qu’en 1948.
Vous y découvrirez le village d’Olympos accroché à sa montagne, les criques de la côte est comme Apella ou Kyra Panagia, et l’îlot sauvage de Saria, que l’on rejoint en bateau. Découvrez ci-dessous ses villages, ses plages et nos conseils pour y aller.
À voir à Karpathos

Olympos :
le village perché du nord
Le village d’Olympos s’accroche à une crête du nord de l’île. Il a été fondé à l’époque byzantine, loin des côtes et des pirates. Longtemps coupé du reste de Karpathos, il a conservé un dialecte ancien et des coutumes qui ont disparu ailleurs. Les femmes âgées y portent encore au quotidien le costume brodé, et la maison familiale revient traditionnellement à la fille aînée. Au-dessus des maisons colorées, une rangée de moulins à vent se dresse face à la mer.
La route goudronnée qui monte depuis Pigadia n’a été achevée que dans les années 2010, et le trajet demande environ une heure et demie. En été, beaucoup de visiteurs arrivent plutôt en bateau jusqu’à Diafani, avant de rejoindre le village en bus. Venez de préférence tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les groupes sont repartis et que les habitants retrouvent leurs places.

Diafani :
le port du nord
En contrebas d’Olympos, le petit port de Diafani aligne ses maisons claires et son église à coupole rouge le long d’une plage de galets. Certains ferries y font escale, et le village s’anime surtout l’été, à l’arrivée des bateaux. C’est aussi de là que partent en saison les excursions vers Saria et vers les plages du nord que la route n’atteint pas.
Prenez le temps d’y dormir une nuit ou deux pour explorer le nord à pied. Un sentier relie Diafani à Olympos en deux heures et demie à trois heures et demie de marche. D’autres chemins mènent au hameau agricole d’Avlona et à la presqu’île de Vroukounda, où subsistent les vestiges de l’antique cité dorienne de Vrykous. Plus au nord encore, l’ancien village de Tristomo se cache au fond d’une longue rade.
Pigadia, Arkasa
et les villages du sud
La capitale, officiellement appelée Karpathos, occupe l’emplacement de l’antique Potidaion, dont on devine les ruines sur une colline voisine. Pigadia s’étend le long d’une plage de sable de quatre kilomètres, et son port concentre les tavernes, les commerces et la plupart des hôtels. Elle reste donc la base la plus pratique pour explorer le sud de l’île.
Dans les collines, les villages de l’intérieur montrent un autre visage de Karpathos. Aperi, l’ancienne capitale, a été bâtie hors de vue de la mer pour échapper aux pirates. Menetes s’étage sur une colline rocheuse et cultive une solide tradition musicale, tandis qu’Othos, plus haut dans la montagne, abrite un petit musée d’art populaire et produit un vin local. Réservez une journée pour les relier en voiture, en vous arrêtant boire un café sur leurs places. Sur la côte ouest, Arkasa garde, sur le promontoire de Paleokastro, les vestiges de l’antique Arkaseia et les mosaïques d’une basilique paléochrétienne.
À faire à Karpathos

Saria :
l’excursion en bateau
L’îlot de Saria n’est séparé de Karpathos que par un détroit d’une centaine de mètres, et on ne le rejoint qu’en bateau, depuis Diafani ou depuis Pigadia. L’île est protégée par le réseau Natura 2000 et abrite des faucons d’Éléonore, alors que des phoques moines trouvent refuge dans ses grottes marines. Les excursions fonctionnent de fin mai à fin septembre, et seulement quand la mer le permet.
Les bateaux accostent en général à Palatia, une crique de galets ombragée de tamaris. Au-dessus de la plage, vous verrez les ruines d’un village du Xe siècle aux maisons voûtées, que l’on attribue à des pirates sarrasins, ainsi que la chapelle d’Agia Sofia, bâtie sur les restes d’une basilique paléochrétienne. La plupart des sorties prévoient aussi des arrêts baignade dans les grottes et les criques du nord de Karpathos. Emportez de bonnes chaussures si vous voulez suivre le sentier qui remonte la gorge vers l’ancien hameau d’Argos.

Plages, windsurf
et fêtes d’Olympos
Sur la côte est, les plus belles plages se succèdent au pied de la montagne. Apella, à dix-huit kilomètres environ de Pigadia, dessine une longue anse de galets fins bordée de pins, dans une eau d’un bleu intense. Tout près, Kyra Panagia se reconnaît à sa chapelle à coupole rouge, et Achata, la plus proche de la capitale, offre une crique de galets blancs à l’eau vert émeraude. En saison, des bateaux partent aussi de Pigadia pour les desservir, si vous préférez éviter la route de montagne.
Les baies d’Afiartis, près de l’aéroport, sont devenues un haut lieu du windsurf grâce au meltemi, qui souffle de mai à la mi-septembre. Sur les eaux peu profondes de Chicken Bay, les débutants font leurs premiers bords, tandis que les planchistes confirmés filent vers Gun Bay et Devil’s Bay. Les randonneurs, eux, gravissent le Kali Limni, point culminant de l’île, au départ du plateau de Lastos. À Pâques et le 15 août, Olympos célèbre ses grandes fêtes en costume, au son de la lyre, et il faut alors réserver son hébergement très tôt. À table, ne manquez pas les makarounes : ce sont des pâtes façonnées à la main, servies avec des oignons fondus au beurre et du fromage local.
Infos pratiques
pour venir à Karpathos
Karpathos possède un aéroport : vous pouvez y arriver en avion depuis Athènes ou Rhodes, ou bien en ferry.
Ferry & accès
L’aéroport, situé à quatorze kilomètres environ de Pigadia, reçoit des vols quotidiens depuis Athènes, Rhodes et la Crète, ainsi que des vols charters au printemps et en été. Comptez environ une heure vingt de vol depuis Athènes. Les ferries du Pirée accostent deux à trois fois par semaine à Pigadia, au terme d’une traversée de treize à vingt heures selon les escales, et certains desservent aussi Diafani. Depuis Rhodes, comptez trois heures et demie à quatre heures et demie de bateau environ : vérifiez les horaires, qui changent selon la saison.
Se déplacer
Louez une voiture ou un scooter, car l’île est longue et ses villages sont dispersés. Des bus relient Pigadia aux villages du sud et du centre, mais ils ne suffisent pas pour atteindre les plages isolées. En été, des bateaux d’excursion quittent Pigadia le matin pour les plages de la côte est et pour Diafani.
Quand partir
Mai, juin, septembre et le début d’octobre offrent une mer agréable et des villages plus calmes. En juillet et en août, le meltemi souffle fort et les visiteurs se font plus nombreux, surtout autour du 15 août à Olympos. Les bateaux d’excursion circulent de fin mai à fin septembre. L’hiver, beaucoup d’établissements ferment et les liaisons se raréfient.

Poursuivre le voyage
jusqu’à Rhodes
Le ferry vous dépose à Rhodes en quatre heures environ, et l’avion en moins d’une heure. Découvrez sa vieille ville médiévale et l’acropole de Lindos dans notre guide.
Découvrir Rhodes