Imaginez un instant… Vous sortez de l’agitation bourdonnante du quartier de Kolonaki.
Devant vous, une pyramide de calcaire vert émeraude transperce le ciel azur de l’Attique.
C’est le Mont Lycabette, le point culminant d’Athènes, trônant fièrement à 277 mètres d’altitude.
Ce n’est pas seulement un rocher majestueux ; c’est aussi un belvédère naturel exceptionnel.
Selon la mythologie, la déesse Athéna transportait ce rocher colossal pour fortifier son Acropole.
Mais, en apprenant une nouvelle fâcheuse apportée par un corbeau, elle le laissa tomber de surprise.
Ce « petit oubli » divin nous offre aujourd’hui le spectacle le plus grandiose de toute la Grèce continentale.
Que vous soyez en amoureux, en famille ou entre amis pour trinquer devant l’horizon, le Lycabette est l’étape qui donnera une dimension magique et presque irréelle à votre voyage.
Allez, je vous emmène au sommet, là où le ciel touche enfin la terre.
Découvrir le Lycabette : une ascension mémorable
Le Lycabette se mérite, mais il s’offre à tous selon ses envies et son rythme.
Pour les contemplatifs, les familles avec de jeunes enfants ou ceux qui veulent garder leur énergie pour la danse plus tard dans la soirée, il y a le célèbre Téléphérique (Teleferik).
Niché discrètement au bout de la rue Ploutarchou, ce petit train funiculaire grimpe à l’intérieur de la montagne dans un tunnel éclairé de lumières féeriques.
C’est rapide, c’est frais (un vrai bonheur en plein mois d’août !) et l’excitation monte à mesure que l’inclinaison s’accentue.
En débouchant à l’air libre au sommet, le choc visuel est total : la lumière d’Athènes vous frappe, pure, intense, presque solide.
Pour les sportifs, les rêveurs et les amoureux de la flore méditerranéenne, je ne saurais trop vous conseiller la montée à pied.
Le sentier serpente en lacets doux à travers une forêt dense de pins parasols et de cactus monumentaux.
Ici, l’air change de texture. On ne sent plus l’échappement des moteurs, mais l’arôme sauvage du thym, de l’origan et de la sauge qui poussent entre les pierres sèches.
À chaque virage, une nouvelle perspective s’ouvre sur le Stade Panathénaïque ou les colonnes du Temple de Zeus Olympien.
On s’arrête souvent pour reprendre son souffle, non pas par fatigue, mais pour admirer l’Acropole qui semble, de là-haut, une petite maquette précieuse en ivoire posée sur un coussin de roche grise.
Conseil d’expert
Si vous choisissez l’option pédestre, commencez votre ascension environ une heure et demie avant le coucher du soleil.
La température redescend, et la lumière rasante magnifie les reliefs de la colline, créant des ombres portées magnifiques pour vos photos.
N’oubliez pas une petite bouteille d’eau fraîche, même si un café frappé vous attend là-haut !



Chapelle Agios Georgios
Une fois arrivé sur la plateforme sommitale, vous êtes accueilli par la silhouette immaculée de la Chapelle Agios Georgios (Saint-Georges).
Cette petite église orthodoxe du XIXe siècle, avec ses murs blanchis à la chaux et son clocher fier, semble tout droit sortie d’une île perdue des Cyclades.
C’est un contraste saisissant avec l’immensité urbaine qui l’entoure. Poussez la porte de bois sombre délicatement. À l’intérieur, l’ambiance change instantanément. L’odeur est enivrante : un mélange d’encens froid, de cire d’abeille brûlée et de vieux bois verni. C’est un havre de paix absolu où les bougies vacillent dans l’obscurité fraîche, contrastant avec la fournaise lumineuse de l’extérieur. Prenez un instant pour le silence, c’est ici que l’âme d’Athènes se repose.
Itinéraire conseillé : une soirée suspendue entre ciel et terre
Pour vivre l’expérience ultime du Lycabette sans le stress de la foule et avec un maximum de plaisir, voici mon scénario idéal pour une fin de journée mémorable.
Suivez le guide, je m’occupe des détails pour vous !
17h30 : l’élégance de Kolonaki avant l’effort
Commencez votre périple par une flânerie dans le quartier chic de Kolonaki. C’est le quartier des ambassades et des boutiques de créateurs, mais c’est surtout le lieu idéal pour observer les Athéniens élégants sirotant un Freddo Espresso (café froid fouetté) en terrasse.
Remontez doucement vers la station du funiculaire en admirant les immeubles Bauhaus. Si vous avez une petite faim, arrêtez-vous dans une fournos (boulangerie) pour attraper une Spanakopita (feuilleté aux épinards et feta) toute chaude. C’est le carburant parfait, croustillant et salé, pour votre aventure.
18h45 : l’ascension vers le spectacle
Que vous preniez le funiculaire ou les escaliers de la rue Aristippou, gardez vos sens en éveil.
Si vous marchez, écoutez le chant strident des cigales qui s’intensifie à mesure que vous grimpez. C’est le son authentique de l’été grec, une vibration qui semble sortir de la roche elle-même.
Arrivé en haut, faites le tour complet de la plateforme à 360 degrés. Au sud, l’Acropole et le Parthénon dominent le paysage ; à l’ouest, le port du Pirée et les silhouettes des îles d’Égine et de Salamine se découpent sur l’argent de la mer ; au nord, les montagnes du Parnès ferment l’horizon de leur bleu sombre.
19h45 : le rituel sacré du coucher de soleil
C’est le moment de vérité, celui pour lequel vous êtes venu. Trouvez un petit coin de rebord de muret ou installez-vous sur les marches de pierre. Le ciel commence sa métamorphose, passant du bleu azur au jaune beurre, puis à l’orange électrique, pour finir par un violet velouté. C’est un instant de silence partagé par des voyageurs du monde entier. On entendrait presque le soleil grésiller en touchant la mer au loin.
C’est ici que l’on comprend pourquoi les Grecs anciens voyaient des dieux partout : une telle beauté ne peut être qu’une œuvre d’art divine.
« À Athènes, le soleil ne se contente pas de se coucher ; il s’endort sur un lit de marbre et de souvenirs, laissant derrière lui une poussière d’étoiles qui illumine les siècles. »— Un poète local rencontré sur les marches de la chapelle
21h00 : dîner sous la voûte étoilée
Deux options s’offrent à vous, selon votre humeur et votre budget.
Pour une soirée de grand apparat, réservez une table chez Orizontes Lycabettus. Vous y dégusterez une cuisine grecque contemporaine raffinée. Imaginez : savourer un filet de bar rôti à l’huile d’olive de Kalamata ou des pâtes traditionnelles aux langoustines, le tout avec les lumières de la ville qui scintillent à vos pieds comme des diamants sur un tapis de velours noir.
Si vous préférez la simplicité, redescendez à pied vers les petites rues de la base de la colline pour dénicher une taverna familiale. Commandez des mezedes (tzatziki frais, poulpe grillé, boulettes de viande keftedakia) et un pichet de vin blanc de l’Attique bien frais. C’est ça, la vraie vie !
Conseils et astuces pour un moment parfait
Voyager en expert, c’est savoir anticiper les petits caprices de la destination.
Voici mes pépites pour que votre visite soit fluide et sans fausse note :
- Le timing est roi : Évitez absolument le créneau de 11h à 15h en plein été. La réverbération du soleil sur le calcaire blanc est impitoyable et l’ombre se fait rare. Le Lycabette est une créature de l’aube ou du crépuscule.
- Le secret des chaussures : Mesdames, je vous en supplie, laissez vos talons hauts à l’hôtel pour cette sortie ! Les sentiers et les marches sont pavés de marbre par endroits, et le marbre athénien, poli par des millions de pas au fil des décennies, est extrêmement glissant, même par temps sec. De bonnes baskets ou des sandales de marche avec une semelle en caoutchouc sont indispensables.
- Prévoyez « la petite laine » : C’est surprenant, mais même s’il fait 30 degrés en bas dans les rues, le sommet est souvent balayé par un vent vif, le fameux Meltem. Prévoyez un petit foulard ou un gilet léger, surtout si vous comptez rester pour admirer les illuminations nocturnes de la ville.
- Anticipez le funiculaire : En haute saison (juillet-août), la file d’attente pour le guichet peut s’allonger brusquement 30 minutes avant le coucher du soleil. Arrivez un peu en avance pour ne pas rater le spectacle depuis la cabine !
Le secret du photographe
Pour capturer la meilleure photo de l’Acropole depuis le sommet, n’utilisez pas votre zoom numérique au maximum, cela écraserait les perspectives. Intégrez plutôt les toits de la ville et quelques branches de pins au premier plan pour donner une sensation d’immensité et de profondeur. Le meilleur angle se trouve sur la petite plateforme située juste en dessous de la terrasse du restaurant Orizontes.
Le petit plus : Le théâtre du Lycabette
Sur l’un des flancs de la colline, un peu en contrebas du sommet, se niche un immense théâtre en plein air, conçu par l’architecte Takis Zenetos. Après une longue période de silence, il revit enfin ! Si vous voyagez entre juin et septembre, surveillez la programmation. Assister à un concert de musique grecque traditionnelle ou à un show de rock international sous le dôme étoilé, avec la roche brute pour décor, est une expérience sensorielle totale. Le son y est pur, organique, porté par l’air chaud de la nuit.
Mont Lycabette : Pourquoi vous allez adorer ce sommet ?
Le Mont Lycabette est un lieu qui offre de la perspective, au sens propre comme au figuré.
Une fois là-haut, on comprend mieux l’étalement de cette ville millénaire, sa force de caractère, sa beauté chaotique et son élégance indomptable. On s’y sent tout petit face à l’histoire, mais incroyablement vibrant et vivant face à la majesté du monde.
Que vous redescendiez avec le funiculaire, les yeux encore éblouis par les reflets dorés, ou que vous preniez le temps d’une dernière balade nocturne sous les pins protecteurs, le Lycabette restera sans doute parmi vos plus beaux souvenirs d’Athènes.
C’est ici, entre le bleu du ciel et le blanc du marbre, que l’on réalise que la Grèce n’est pas seulement un pays de musées, mais un pays de lumière que l’on emporte avec soi pour toujours.
Alors, mes amis, qu’attendez-vous pour prendre de la hauteur ?
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