Découvrir Amorgos
L’île du Grand Bleu, sauvage et authentique
Le monastère suspendu de Hozoviotissa, la Chora perchée dans les montagnes, les criques du film de Luc Besson et les plus beaux sentiers de randonnée des Cyclades. Amorgos est l’île qui se mérite — et qui ne s’oublie pas.
Amorgos, c’est la Grèce dans sa version la plus brute. Pas d’aéroport, pas de boutiques de luxe, pas de DJ sur la plage — juste des falaises ocre qui tombent droit dans un bleu marine insondable, des villages blancs accrochés à la montagne et une hospitalité qui tient du sacré. Luc Besson a tourné Le Grand Bleu ici en 1988, et trente ans après, l’île a à peine changé. Les chèvres ont toujours la priorité sur la route, et le raki coule toujours aussi généreusement dans les tavernes.
Ce guide, c’est pour ceux qui ont envie de sortir des Cyclades carte postale. On vous emmène au monastère suspendu au-dessus du vide, sur les sentiers muletiers qui traversent l’île de part en part, dans les villages de montagne où la musique rembétiko résonne le soir, et sur les criques sauvages que les bus ne desservent pas. Amorgos se mérite — mais la récompense est à la hauteur.
À voir à Amorgos
Le monastère
Hozoviotissa
C’est l’image la plus saisissante des Cyclades : une bande blanche plaquée contre une falaise rougeâtre, à 300 mètres au-dessus de la mer. Le monastère de la Panagia Hozoviotissa, fondé en 1088 par l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène, est le plus ancien monastère de l’archipel. Il compte huit étages, mais ne dépasse pas 1,50 mètre de large à certains endroits — la falaise elle-même fait office de mur intérieur.
On y accède par 300 marches depuis la route. En haut, les moines accueillent chaque visiteur avec un verre d’eau fraîche, un loukoum à la rose et un petit verre de psimeni raki (raki au miel et aux épices). L’icône miraculeuse de la Vierge, arrivée selon la légende par la mer depuis la Terre Sainte au IXe siècle, est conservée dans la chapelle.
Montez dès l’ouverture (8h30) pour éviter la chaleur et profiter de la lumière du matin sur la façade blanche. Tenue décente obligatoire — épaules et genoux couverts (des vêtements sont prêtés à l’entrée).
La Chora :
capitale perchée
Perchée à 320 mètres d’altitude pour se protéger des pirates, la Chora d’Amorgos est régulièrement citée parmi les plus belles capitales insulaires des Cyclades. Ruelles pavées, escaliers blancs, églises aux dômes bleus, bougainvilliers — le village est un labyrinthe sans voitures où seul le vent et les conversations des tavernes rompent le silence.
Montez jusqu’au Kastro, la forteresse vénitienne construite par Marco Sanudo au XIIIe siècle, pour le plus beau coucher de soleil de l’île. Les vieux moulins à vent en contrebas complètent le tableau. Le soir, quand les lanternes s’allument et que l’odeur des grillades envahit les placettes, la Chora prend une autre dimension — c’est le moment de s’installer en terrasse et de ne rien faire d’autre que profiter.
Les plus belles surprises se trouvent dans les ruelles latérales qui semblent ne mener nulle part. Le Kastro au sommet offre la meilleure vue de l’île.
Katapola et Aegiali :
les deux ports
Amorgos possède deux ports, et les deux ont leur personnalité. Katapola, au centre de la côte ouest, est un port naturel niché au fond d’une large baie protégée. Trois villages le composent — Katapola proprement dit, Xylokeratidi sur la rive nord et Rachidi au centre. C’est le port principal où accostent la plupart des ferries. Au-dessus, les ruines de l’antique Minoa dominent la baie.
Au nord, Aegiali a une ambiance plus balnéaire et décontractée, avec sa grande plage de sable et ses tavernes les pieds dans l’eau. C’est le point de départ des sentiers de randonnée vers les villages de montagne — Tholaria, Langada, Potamos — et le port pour rejoindre les îlots inhabités comme Nikouria, accessible en quelques minutes de bateau.
L’épave de l’Olympia
Dans la baie de Liveros, au sud-ouest de l’île, gît la carcasse rouillée du navire Olympia, échoué là depuis 1980. L’ambiance y est à la fois fantomatique et photogénique — le contraste entre la rouille orangée de la coque, l’eau turquoise de la baie et le bleu du ciel est saisissant. Le site est accessible par un sentier depuis la route du sud.
Juste à côté, la plage de Kalotaritissa est l’une des plus belles du sud de l’île — une crique de galets et de sable protégée du vent, avec une eau d’une transparence absolue. C’est aussi le point de départ pour Gramvoussa, un îlot sauvage accessible en petit bateau, avec des eaux couleur lagon.
Ne montez pas sur l’épave — c’est dangereux et instable. Le meilleur moment pour les photos est en fin d’après-midi, quand le soleil fait rougeoyer la ferraille.
Activités à Amorgos
Choisir sa plage
à Amorgos
Amorgos n’a pas les longues plages de sable de Naxos ou Paros. Ici, les criques sont sauvages, rocheuses, souvent accessibles par un sentier — et l’eau y est d’un bleu profond unique dans les Cyclades.
- Agia AnnaLa crique du Grand Bleu, juste sous le monastère. Galets, eau bleu marine intense, profonde dès le bord. Petite et prisée — venez avant 10h ou après 17h.
- Baie d’AegialiLa plus grande plage de l’île — sable fin, eau peu profonde, tavernes à proximité. Idéale pour les familles.
- MourosCôte est, accessible par un sentier. Grottes marines spectaculaires où l’on nage dans le bleu. Masque et tuba indispensables.
- KalotaritissaCrique protégée au sud-ouest, près de l’épave. Eaux transparentes, calme absolu. Point de départ pour l’îlot de Gramvoussa.
- NikouriaÎlot inhabité accessible en petit bateau depuis Aegiali. Eaux couleur caraïbes, aucune infrastructure. Emportez tout.
La Palia Strata :
traverser l’île à pied
Amorgos est le paradis des marcheurs. L’île compte 8 sentiers historiques balisés, mais le plus beau est la Palia Strata — l’ancien chemin muletier qui relie la Chora à Aegiali sur la crête de l’île. Comptez 4 à 5 heures de marche avec la mer des deux côtés, des hameaux abandonnés, des champs de sauge et une lumière à couper le souffle.
Pour une version plus courte, le sentier Melania (2h) relie Aegiali aux villages de Langada et Tholaria par les gorges d’Araklos — spectaculaire et plus accessible. Le sentier Pan (2h30) traverse le cœur montagneux de l’île entre Langada et Stavros. Tous les sentiers sont balisés et entretenus — emportez de l’eau, un chapeau et des chaussures fermées.
Partez tôt le matin pour la Palia Strata. Le sentier est exposé et sans ombre. Prévoyez 2 litres d’eau minimum par personne en été.
Tholaria, Langada
et les Petites Cyclades
Au-dessus d’Aegiali, les villages-amphithéâtres de Tholaria et Langada sont le cœur battant de la vie locale. Ruelles blanches, terrasses ombragées, tavernes familiales où le patron joue de la musique rembétiko le soir. C’est ici qu’on trouve l’âme d’Amorgos — un verre de psimeni raki, le vent qui souffle, les étoiles et rien d’autre.
Depuis Amorgos, les Petites Cyclades sont à portée de ferry — Koufonissia en 25 minutes, Donousa en 40 minutes, Schinoússa et Iraklia un peu plus loin. Ces îlots minuscules et préservés offrent des eaux turquoise irréelles et un calme absolu. En été, les liaisons sont quasi quotidiennes.
Le soir à Langada, cherchez les tavernes où les locaux chantent. La musique rembétiko live dans ce cadre est un des plus beaux souvenirs qu’on puisse ramener de Grèce.
Planifiez vos activités
Amorgos en photos
Le monastère suspendu, les criques du Grand Bleu, les villages blancs perchés, les sentiers de crête — Amorgos en images.












Tout ce qu’il faut savoir
avant de partir pour Amorgos
Comment arriver, quand partir, combien de temps prévoir — les infos pratiques pour organiser votre séjour.
Quand partir ?
Juin et septembre : eau chaude, tout est ouvert, l’île est calme. Juillet-août, le Meltem souffle fort — les jours de vent, randonnez côté abrité. Octobre est parfait pour la marche, l’eau est encore à 23°C. Évitez août si possible.
Comment arriver ?
Ferry uniquement — pas d’aéroport. Depuis Le Pirée (Athènes) : 5h à 8h selon le bateau. Aussi accessible depuis Naxos (1h15), Santorin (1h), Koufonissia (25 min). Deux ports d’arrivée : Katapola et Aegiali — vérifiez lequel dessert votre ferry.
Combien de temps ?
3 jours minimum pour le monastère, la Chora, une ou deux plages et l’épave. 5 jours pour ajouter la randonnée Chora–Aegiali et les villages de montagne. Une semaine pour explorer les Petites Cyclades et le sud sauvage.
Se déplacer
L’île fait 33 km de long. Location de voiture recommandée (40-60 €/jour, réservez à l’avance). Le réseau de bus est étonnamment bon en été entre les trois pôles (Katapola, Chora, Aegiali). Routes sinueuses mais asphaltées.
Réserver à
Amorgos

Trouver un ferry
Ferries depuis Le Pirée, Naxos, Santorin et les Petites Cyclades vers Katapola ou Aegiali.

Hébergement
Des chambres d’hôtes à la Chora aux studios face à la mer à Aegiali et Katapola.

Excursions
Croisière vers les Petites Cyclades, plongée sous-marine, randonnées guidées, tour en bateau.
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l’exploration des Cyclades
Amorgos n’est qu’un chapitre. Naxos, Paros, Milos, Santorin — l’archipel des Cyclades vous attend.
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